Tu parles trop ? ... Et si on en parlait justement !

Pourquoi est-ce si difficile de s'arrêter ? Pourquoi le flot de paroles semble-t-il parfois incontrôlable ? Nous allons explorer ensemble les raisons derrière ce phénomène et comment reprendre le contrôle sur tes mots, et sur ton mental envahissant.

Pourquoi est-ce que je parle trop ?

Comprendre les causes et apprendre à gérer cette tendance

À toutes les âmes en quête de compréhension, nous avons tous, à un moment ou un autre, ressenti ce léger malaise après une conversation, cette impression d'avoir trop parlé, de ne pas avoir su maîtriser le flot de nos paroles. Mais quand cette sensation devient récurrente, il se peut que vous parliez effectivement trop. Ce comportement, bien qu'il puisse sembler anodin, peut parfois être le reflet d'une lutte intérieure plus profonde, voire d'un problème de santé mentale. Alors, comment savoir si vous parlez vraiment trop, et que faire pour y remédier ? Explorons cela ensemble.

Les signes que vous parlez trop

Parler est un acte naturel, mais quand cela devient excessif, il est important de prêter attention à certains signes. Ces signes ne sont pas toujours évidents et peuvent varier d'une personne à l'autre. Pourtant, certains comportements récurrents peuvent indiquer une tendance à trop parler.

  • Tout d'abord, un discours pressé est un indicateur clé. Vous avez peut-être remarqué que vous parlez rapidement, avec une certaine urgence, comme si chaque mot devait être dit avant que l'autre n'ait le temps de répondre. Cela peut rendre les échanges déséquilibrés, créant une dynamique où l'autre se sent submergé et incapable de participer pleinement.

  • Ensuite, le discours hyperverbal, où vous parlez non seulement rapidement mais aussi avec un volume sonore plus élevé que d'habitude, est un autre signe. Dans ce cas, vous pouvez ressentir une pression interne à tout exprimer en même temps, comme si vos pensées se bousculaient pour sortir.

  • Le discours désorganisé est également un symptôme fréquent. Vous passez d'un sujet à l'autre sans lien apparent, ce qui peut dérouter vos interlocuteurs et donner l'impression que vous ne suivez pas une ligne de pensée cohérente. Enfin, un discours compulsif, où vous reprenez constamment la parole sans en être conscient, peut être le signe d'un besoin irrépressible de vous exprimer, souvent au détriment des autres.

Je te propose un exercice de visualisation et de ressenti pour ralentir ton mental et ton système interne.

Laisse-toi guider par la lecture de la méditaton ci-dessous

Les causes derrière ce besoin de trop parler

Comprendre pourquoi vous parlez trop est essentiel pour aborder le problème. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette tendance, et elles varient en fonction de chaque individu.

  • Le TDAH (trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité) est l'une de ces raisons. Les personnes atteintes de TDAH ont souvent une hyperactivité mentale qui se manifeste par une agitation constante, se traduisant par une conversation excessive. Avec des millions de pensées simultanées, parler devient un moyen de gérer cette surcharge cognitive.

  • L’autisme, et plus particulièrement le syndrome d'Asperger, peut également entraîner un discours excessif, surtout lorsqu'il s'agit de sujets spécifiques qui passionnent la personne. Ces individus peuvent ne pas réaliser que leur interlocuteur ne partage pas le même enthousiasme, continuant à parler longuement d’un sujet unique.

  • Parfois, ce besoin de trop parler découle d’insécurités personnelles. Les personnes qui ne se sentent pas en sécurité dans leur peau peuvent chercher à compenser par des discours prolifiques, essayant d'impressionner ou de gagner l'approbation des autres.

  • Une autre cause fréquente est l’inconfort face au silence. Certaines personnes se sentent nerveuses ou mal à l'aise lorsqu'une conversation tombe dans un silence prolongé, et elles comblent ce vide par des paroles incessantes, même si elles n'ont rien de particulier à dire.

  • Le narcissisme est également une cause potentielle. Les personnes ayant des traits narcissiques peuvent parler excessivement de leur propre personne pour compenser une faible estime de soi, cherchant à paraître plus confiantes qu’elles ne le sont réellement.

  • Enfin, la solitude peut être un facteur majeur. Une personne qui se sent isolée et manque d’interactions sociales significatives peut trop parler lorsqu’elle en a l’occasion, cherchant désespérément à établir une connexion.

Parler moins et écouter plus
En Communication Non-Violente, nous utilisons un vieil adage :

"Nous avons 1 bouche pour parler et 2 oreilles pour entendre."

Nous devrions donc écouter 2x plus que l'on ne parle et faire attention à écouter + entendre

S'intéresser ax réactions des autres

Se rendre compte que l'on parle trop n'est pas toujours évident, surtout si l'habitude est bien ancrée. Voici quelques signes qui peuvent t'aider à identifier si tu es concerné.e :

  1. Les réactions des autres : Est-ce que tu remarques que les autres décrochent souvent de la conversation ? Ils regardent ailleurs, consultent leur montre, ou essayent de reprendre la parole sans succès ? Si tu reçois fréquemment des signaux de désintérêt ou d'impatience, cela pourrait être un indicateur.

  2. Les retours directs ou indirects : Parfois, les gens te le feront savoir, que ce soit de manière directe ("Tu parles beaucoup, non ?") ou indirecte (changements de sujet, soupirs, réponses courtes). Si tu as déjà entendu ce genre de commentaires, cela peut être un signal d'alarme.

  3. Ton ressenti après une conversation : Te sens-tu souvent coupable après une discussion, en te disant que tu as trop parlé ou que tu as pris trop de place ? Ce sentiment de malaise peut être le signe que tu as dépassé les limites de l'échange équilibré.

Exercice

Ressenti et de visualisation

A présent, je te propose de te détendre : isole-toi, mets-toi dans une position confortable avec une petite musique ou une bougie.

Tu peux te laisser porté par cette musique si tu le souhaites

Méditation

Crée-toi un moment et un espace de détente.

... Prends une grande inspiration profonde ...

... ressens ta cage torassique se gonfler

...puis ton plexus... puis ton ventre

... retiens ta respiration en comptant dans ton esprit 1...2...3...4...

puis expire doucement...

Prends le temps de ressentir ton ventre se dégonfler...

... puis ton plexus...

... puis tes poumons...

... retiens ta respiration en comptant dans ton esprit 1...2...3...4

Ressens le mouvement de ta respiration du bas vers le haut lorsque tu expire puis inspire en ressentant le mouvement du haut vers le bas...

ressens ta cage torassique se gonfler

...puis ton plexus

... puis ton ventre

... retiens ta respiration en comptant dans ton esprit 1...2...3...4

Recommence cette boucle autant de fois que tu en as envie

...

Je vais te raconter une petite histoire...

Une histoire à propos d'une rivière et en lisant doucement cette histoire, en prenant ton temps, tu vas ressentir en toi ton flot d'énergie comme une rivière, ton flot de pensées comme une rivière

...Et au fur et à mesure que je vais te raconter mon histoire, tu vas sentir le calme s'installer en toi et ton énergie ralentir....

Imagine une rivière sauvage, dévalant la montagne avec fracas, emportant tout sur son passage. Ses eaux tumultueuses ne laissent aucun répit, aucune pause pour apprécier le paysage autour d'elle. Elle coule si vite, si fort, que les poissons eux-mêmes luttent pour ne pas être emportés. Cette rivière représente ceux qui parlent trop, dont les mots coulent sans interruption, sans laisser de place au silence ni à l'autre.

Mais, comme toute rivière, il est possible de la dompter, de lui offrir un lit plus calme et apaisé. Ce travail ne se fait pas en un jour, il demande patience et bienveillance. Cela commence par l'érection de petits barrages, non pour bloquer la rivière, mais pour ralentir son cours, pour lui permettre de prendre une pause, d'observer le monde qui l'entoure. Ces barrages sont les moments de silence que l'on s'autorise, les instants où l'on choisit d'écouter plutôt que de parler.

À mesure que la rivière ralentit, elle devient plus paisible. Les poissons peuvent désormais nager librement, les plantes aquatiques poussent, et la vie s'épanouit autour de ses rives. Les oiseaux viennent s'y poser, attirés par cette tranquillité nouvelle. De la même manière, lorsque l'on apprend à parler moins, à laisser de l'espace aux autres, nos relations s'enrichissent. On découvre les histoires et les pensées des autres, et cette écoute attentive renforce nos liens, crée une véritable connexion.

La rivière, en devenant plus calme, permet aussi à ses eaux de s'approfondir. Ce qui était autrefois un flot turbulent et superficiel devient une source profonde et claire. Parler moins, c'est aussi cela : aller plus en profondeur dans nos échanges, dans nos réflexions, et dans notre relation à nous-mêmes. Les mots deviennent plus choisis, plus sincères, et portent davantage de sens.

Ce cheminement est un acte d'amour de soi, un geste d'estime de soi. Dompter cette rivière intérieure, ce flot de paroles, c'est se donner le temps de se connaître vraiment, de comprendre ses propres émotions, et de trouver la paix en soi. C'est reconnaître que l'on a de la valeur, même dans le silence, et que l'écoute est un cadeau que l'on fait autant à soi-même qu'aux autres.

En calmant la rivière, on découvre aussi que la sérénité attire l'harmonie. Les relations deviennent plus équilibrées, les échanges plus authentiques. Les autres se sentent entendus, respectés, et cela nourrit une confiance mutuelle. C'est là le véritable trésor de cette transformation : une vie plus riche, plus douce, où l'on se sent à sa place, en paix avec soi-même et avec les autres.

Ainsi, en apprivoisant le flot de paroles, en transformant cette rivière déchaînée en un cours d'eau paisible, on s'offre la possibilité de vivre pleinement, de savourer chaque instant, chaque interaction. C'est un voyage vers la découverte de soi, un chemin vers une existence plus harmonieuse, où l'amour de soi se reflète dans la qualité de nos relations.

Et c'est dans ce calme retrouvé que la vraie beauté de la vie peut enfin s'épanouir.

Comment apprendre à mieux gérer son discours ?

Si vous vous reconnaissez dans ces descriptions, sachez qu’il est possible de prendre des mesures pour mieux contrôler votre discours et favoriser des échanges plus équilibrés.

  • Concentrez-vous sur l’écoute active. L'une des façons les plus efficaces de réduire le temps de parole est de se concentrer sur ce que l'autre dit. Essayez de vraiment écouter, de comprendre, et de réagir aux propos de votre interlocuteur. Non seulement cela vous aide à parler moins, mais cela enrichit également la qualité de la conversation.

  • Posez des questions. Plutôt que de parler de vous, tournez la conversation vers l'autre personne. Posez-lui des questions ouvertes qui l'encouragent à partager ses pensées et ses expériences. Cela montre non seulement votre intérêt pour elle, mais cela crée aussi un échange plus équilibré.

  • Réglez une minuterie mentale. Essayez de vous donner un temps limite pour parler de vous-même avant de passer la parole à l'autre. Cela vous aide à structurer votre discours et à éviter de monopoliser la conversation.

  • Soyez attentif aux signaux sociaux. Apprenez à reconnaître les signaux que vous parle trop, comme des signes d’impatience chez les autres. Si vous remarquez que vos interlocuteurs commencent à décrocher, à regarder leur montre ou leur téléphone, il est peut-être temps de passer la parole.

En conclusion, parler trop peut être plus qu'une simple habitude, et parfois, cela peut signaler un problème sous-jacent plus profond. Si vous sentez que ce comportement affecte votre vie, il est important de consulter un psychologue pour explorer ces tendances et trouver des moyens adaptés de les gérer. En prenant conscience de ces éléments, vous pouvez commencer à créer des interactions plus harmonieuses, où l’écoute et le partage sont équilibrés, vous permettant ainsi de vous connecter plus profondément avec ceux qui vous entourent. Vous méritez des relations fondées sur le respect mutuel et la compréhension.


Bibliographe :

- Je pense trop : Comment maîtriser ce mental envahissant, Christel Petitcollin

- L'Asperger au féminin, Rudy Simone

- Le TDA-H chez la Femme, Pascale De Coster