19/11/2024
L'autisme est un spectre complexe qui touche la perception et les interactions sociales. Cependant, chez les femmes, les symptômes peuvent passer inaperçus ou être mal diagnostiqués. Cet article explore les différences entre les crises d'angoisse et les crises autistiques, et fournit des clés pour mieux comprendre ces défis.
Nous définirons d'abord les crises d'angoisse et les crises autistiques,
puis aborderons les difficultés de diagnostic, notamment chez les femmes.
Nous discuterons également des stéréotypes, des erreurs fréquentes de diagnostic
et de la manière de communiquer ces expériences à ses proches
.
Quels sont les signes d'une crise d'angoisse ?
Une crise d'angoisse est une réaction intense et soudaine de peur ou d'anxiété. Elle peut survenir sans avertissement et atteindre son pic en quelques minutes. Ces crises sont souvent déstabilisantes et peuvent se produire dans des situations de stress, d'incertitude ou parfois sans cause évidente.
- Palpitations : Le cœur qui bat très vite, ou de façon irrégulière.
- Respiration rapide : On peut avoir l'impression de ne pas pouvoir respirer correctement.
- Tremblements : Le corps peut devenir nerveux, avec des secousses involontaires.
- Transpiration excessive : Un excès de sueur même en l'absence de chaleur.
- Tension musculaire : Les muscles, notamment du dos et du cou, peuvent se tendre.
- Peurs irrationnelles : La peur de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir fou. Souvent le sentiment de rejet ou d'abandon sont ses déclencheurs puissants. Un traumatisme d'agression ou de manipulation mentale/émoionnelle jouent souvent un rôle dans la présence des angoisses. Un souvi thérapeutique peut vous aider à retrouver l'origine de vos angoisses.
- Sensation de dépersonnalisation : On a l’impression de se regarder de l’extérieur, de ne plus être en contrôle de son corps.
- Anxiété : Une sensation de malaise intense, parfois accompagnée d’un sentiment de catastrophe imminente.
- Sensation de vertige ou de confusion : Le monde autour de soi semble flou ou irréel.
Les crises d'angoisse ne sont pas seulement des "moments de stress". Elles peuvent perturber profondément le quotidien et se manifester physiquement et émotionnellement.
Une crise autistique (ou crise d'angoisse liée à l'autisme) survient généralement en raison d’une surcharge sensorielle, d’un stress intense ou d’un changement imprévu dans la routine. Ces crises ne sont pas une simple réaction émotionnelle, mais plutôt un épuisement complet du système nerveux à cause de l’incapacité à traiter trop d’informations ou de stimuli en même temps.
- Comportements répétitifs : Mouvement incessants ou gestes comme se balancer, tapoter les mains ou faire des bruits.
- Hyperactivité ou inactivité : Les personnes autistes peuvent soit devenir excessivement agitées, soit se figer complètement.
- Crises de colère ou de frustration : En réaction à des situations sur-stimulantes ou imprévisibles.
- Isolement : Le besoin de s'éloigner physiquement pour éviter la surstimulation, ou se cacher.
- Difficultés de communication : La parole peut se retriyver dans l'incapacité de parler, devenir incohérente, ou la personne peut avoir du mal à exprimer ses émotions.
Les crises autistiques sont souvent dues à une surcharge sensorielle ou émotionnelle, une situation de changement ou un stress accumulé qui devient ingérable. Elles diffèrent des crises d’angoisse classiques par le fait qu’elles sont plus liées à l’environnement extérieur et au mode de fonctionnement du cerveau, qu'à une simple réaction émotionnelle.
Le meltdown et le shutdown sont deux réactions très différentes mais souvent observées chez les personnes autistes face à des situations de surcharge sensorielle, émotionnelle ou mentale. Ces deux mécanismes peuvent être difficiles à comprendre pour ceux qui ne les ont jamais vécus, mais ils sont des réponses naturelles et souvent nécessaires pour la régulation du système nerveux des personnes autistes lorsqu'elles sont dépassées.
Il peut survenir lorsque la personne autiste est submergée par des émotions, des sensations physiques ou des demandes sociales qui deviennent trop difficiles à gérer. Le meltdown ressemble parfois à une crise de colère, mais il est avant tout une réaction de stress intense plutôt qu'une tentative de manipuler ou d'attirer l'attention.
Caractéristiques :
Comportements explosifs : crier, pleurer, se frapper.
Perte de contrôle, difficulté à se calmer.
Réactions physiques : tremblements, palpitations.
Le shutdown est une déconnexion face à une surcharge. Au lieu d’une explosion, la personne se retrve coupée du monde extérieur, dans s a bulle, comme enfermée à l'intérieur d'elle-même. Elle se retire, se ferme émotionnellement et mentalement pour se protéger et surtout, elle déconnecte et se met en veille comme on le ferait pour un ordinateur. C'est un système de protection puissant où le système nerveux, saturé, coupe toute capacité d'interaction avec l'extérieur le temps de se réguler.
Caractéristiques :
Isolement physique et émotionnel.
Difficulté à parler ou réagir.
Fatigue extrême après l'événement.
Meltdown : Explosion émotionnelle.
Shutdown : Retrait et déconnexion.
La société impose souvent des attentes de comportement en fonction du genre, ce qui peut influencer la manière dont une personne autiste se perçoit et la façon dont elle va développer son autisme et les stratégies d'adaptatiion et pour cacher sa différence. Ces attentes ne tiennent pas toujours compte des différences neurodiverses.
Les petits garçons sont souvent encouragés à prendre des risques, gérer seuls leurs émotions, se refermer sur eux-même, être rationnels et à cacher leur vulnérabilité. Ils sont moins enclins à demander de l’aide et sont souvent incités à être forts et résilients. Ces attentes peuvent amener des garçons autistes à se fermer sur eux-même, cacher leur sensibilité sensorielle et émotionnelle derrière une certaine froideur, tout rationnaliser, se plonger dans des intérets spécifiques en dehors des cases.
Les petites filles, elles, sont éduquées pour être attentives aux besoins des autres, à faire passer les relations en premier, à ne pas sortir du lot, à se sacrifier pour les autres, et à plaire. Ces attentes peuvent amener des filles autistes à cacher ou à minimiser leurs différences pour mieux se conformer à ces normes.
Ces injonctions peuvent mener à des malentendus sur le comportement des personnes autistes, surtout chez les femmes qui sont parfois invisibilisées ou mal comprises.
Souvent, l’image de l’autisme dans la culture populaire est réduite à des caricatures comme celles de Rain Man, Forrest Gump, ou des figures célèbres comme Elon Musk. Ces représentations ne reflètent qu’une facette de l'autisme, principalement celle des hommes, souvent avec des talents exceptionnels ou des comportements très marqués.
L'autisme n’est pas un phénomène homogène. Les parcours de vie des hommes et des femmes autistes sont très différents, et les femmes autistes peuvent avoir des parcours plus discrets et sont sous-diagnostiquées.
Les femmes autistes sont souvent sous-diagnostiquées, mal diagnostiquées ou diagnostiquées tardivement. Cela est dû à plusieurs raisons : elles masquent souvent leurs difficultés pour mieux s’intégrer socialement ou se conformer aux attentes.
- Une difficulté à comprendre ou à exprimer les émotions.
- Des intérêts intenses mais souvent socialement acceptés (par exemple, les livres, l’art, les mangas, l'équitation, les revendications sociales etc.).
- Des compétences sociales plus développées que chez les hommes autistes, ce qui peut rendre la différence moins visible.
- Un épuisement émotionnel et social, qui peut mener à des crises de dépression ou d’anxiété.
Les femmes autistes sont souvent sous-représentées dans les études et les diagnostics, ce qui explique pourquoi leur expérience peut être méconnue.
Les symptômes de l’autisme chez les femmes peuvent être différents de ceux observés chez les hommes, et peuvent passer inaperçus. Voici quelques diagnostics qui sont parfois donnés à tort à des femmes autistes :
1. Trouble de l’anxiété généralisée (TAG)
Les symptômes d'anxiété, comme l'hypervigilance et les réactions excessives aux stimuli, peuvent être interprétés comme des signes d'anxiété généralisée, alors qu'ils peuvent en réalité être liés à la surcharge sensorielle ou émotionnelle liée à l'autisme.
2. Trouble de l’humeur (Dépression ou Trouble bipolaire)
Les femmes autistes peuvent être diagnostiquées avec des troubles de l’humeur, car les symptômes de surstimulation émotionnelle et de difficultés à gérer les émotions sont souvent perçus comme de la dépression ou un trouble bipolaire, surtout lorsqu’elles sont confrontées à des crises d’anxiété ou de burnout.
3. Trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
Il est estimé qu'environ 30 à 50 % des personnes autistes présentent également un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cette co-occurrence est assez courante, car les deux conditions partagent certains symptômes, comme des difficultés de concentration, une impulsivité et des problèmes d'organisation. Cependant, il peut être difficile de distinguer ces troubles, car les comportements liés au TDAH et à l'autisme se chevauchent souvent.
Les recherches sur la co-occurrence du TDAH et de l'autisme sont en constante évolution, mais il est clair qu'une proportion significative des personnes autistes peut également avoir des symptômes de TDAH.
4. Trouble de la personnalité borderline (TPB)
En raison de comportements émotionnels intenses et de relations interpersonnelles difficiles, les femmes autistes peuvent être diagnostiquées à tort avec un trouble de la personnalité borderline, bien que ces symptômes soient souvent dus à une mauvaise régulation émotionnelle ou à une gestion difficile des interactions sociales.
5. Trouble du comportement alimentaire (TCA)
Certaines femmes autistes peuvent développer des comportements alimentaires atypiques, comme des habitudes alimentaires restrictives ou des obsessions alimentaires, ce qui peut être interprété à tort comme un trouble du comportement alimentaire comme l'anorexie ou la boulimie.
6. Trouble de la personnalité évitante
Les femmes autistes ayant des difficultés sociales peuvent être diagnostiquées avec un trouble de la personnalité évitante, car elles peuvent éviter les interactions sociales par crainte de rejet ou d'incompréhension, ce qui peut être interprété comme un comportement évitant typique.
7. Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
Les comportements répétitifs et les rituels chez les femmes autistes peuvent être mal interprétés comme des symptômes de TOC, alors qu'ils font partie du spectre autistique.
Ces erreurs de diagnostic surviennent parce que les symptômes de l'autisme chez les femmes sont souvent plus subtils, plus "adaptés" socialement ou camouflés. Les femmes peuvent aussi compenser ces symptômes, ce qui rend l’autisme moins visible dans l’évaluation clinique traditionnelle.
Chez les hommes, les signes d’autisme sont généralement plus visibles dès l’enfance et sont souvent associés à des comportements répétitifs ou des difficultés dans les interactions sociales.
Les signes de l’autisme chez les hommes peuvent inclure :
- Un intérêt très ciblé sur un sujet spécifique (souvent perçu comme une fixation).
- Des difficultés de communication verbale et non verbale, comme ne pas comprendre les indices sociaux (expressions faciales, gestes, etc.).
- Un besoin de routine et de prévisibilité, et un inconfort dans des situations nouvelles ou imprévues.
Les hommes autistes reçoivent souvent leur diagnostic plus tôt que les femmes, et leur parcours est souvent plus conforme aux stéréotypes culturels.
Il est important de comprendre que les crises d’angoisse liées à l’autisme sont souvent dues à une surcharge sensorielle ou émotionnelle. Lorsqu’une personne autiste vit une crise, elle peut se sentir dépassée par des stimuli qu’elle perçoit de manière plus intense que les autres.
- Les bruits forts ou soudains, les lumières vives, les espaces trop bruyants ou bondés.
- Les changements imprévus dans la routine ou les horaires.
- Les interactions sociales complexes ou mal comprises.
- Les émotions intenses ou conflictuelles, qui sont difficiles à gérer sans les ressources nécessaires.
Voici quelques idées de phrases et de solutions pour les aider à comprendre :
"Ce n’est pas juste que je ne sais pas gérer mes émotions, c’est que mon cerveau est submergé par trop de choses à la fois et je ne sais plus comment réagir."
"C’est comme si mes sens étaient amplifiés et que tout ce qui m’entoure devient trop intense à gérer. C'est mon cerveau qui réagit à l’environnement. J'ai besoin d'une pause"
"Quand je suis dans cet état, j’ai besoin de calme et de soutien, pas de jugement. Laisse-moi un peu de temps pour me rétablir. Votre simple présence me rassure."
Tu pourrais aussi expliquer que les crises autistiques sont un mécanisme de survie et qu’il est essentiel de lui fournir un environnement calme et prévisible pendant ces moments-là pour t’aider à revenir à un état plus stable.
Accepter et comprendre son autisme, c'est comme plonger dans un océan calme, mais mystérieux. Au départ, l’eau semble étrange, parfois inquiétante, mais à mesure que l’on s’y aventure, une nouvelle forme de clarté émerge. L’autisme n’est pas un fardeau à porter, mais une manière unique de voir le monde, d'en ressentir les nuances et d'y naviguer à son propre rythme. Comme un arbre qui pousse dans un environnement difficile, il trouve sa propre manière de s’épanouir. L'écorce peut être rugueuse, mais au fond, ses racines sont profondes, ancrées dans une vérité personnelle, solide et vraie.
Pour comprendre son autisme, il faut se donner le temps de regarder à l’intérieur, d’écouter les murmures silencieux de son esprit, souvent trop discrets pour être entendus dans le tumulte extérieur. L’autisme, c’est un peu comme la pluie qui tombe doucement sur une mer calme : un rythme constant, une manière d'être en harmonie avec soi-même, même si, parfois, le vent extérieur peut sembler trop fort. Chaque sensation, chaque émotion prend une couleur particulière, chaque interaction devient un puzzle à assembler selon son propre langage. Conscientiser son autisme, c’est reconnaître que chaque élément de notre vécu est une note dans une mélodie unique.
Il n’est pas nécessaire de ressembler aux autres, ni de s’adapter aux standards imposés par le monde. L’autisme est une invitation à écouter son propre souffle, à accepter les différences comme des forces et à célébrer la beauté de sa singularité. Comme un ciel étoilé, chaque pensée, chaque émotion, chaque comportement devient une étoile qui brille, invitant à voir la beauté là où d’autres voient l’obscurité.
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Thérapeute PNL et Hypnose : Stress - Angoisses - Dépendance affective